Sélectionner une page

Jean Jacques Perrut, biologiste libéral diplômé en gérontologie et spécialiste de la maladie d’Alzheimer, rappelle que s’il n’est pas possible de guérir cette maladie, il est primordial de la diagnostiquer le plus rapidement possible afin d’en limiter la progression. Toutefois, ce diagnostic n’est pas toujours évident, et les personnes concernées doivent passer par de nombreuses étapes. L’une d’entre elles est la ponction lombaire, bien souvent redoutée par les patients. Cet article vous propose de découvrir cet examen, et pourquoi il est si important dans le diagnostic d’Alzheimer.

Qu’est-ce qu’une ponction lombaire ?

La ponction lombaire est un examen redouté par les patients, de par certaines idées reçues. Jean-Jacques Perrut nous explique son déroulé en détail afin de vous rassurer. Cet examen, réalisé entre 5 à 10 minutes, se déroule à l’hôpital par un médecin assisté par une aide-soignante ou une infirmière. Ce dernier va alors introduire une très fine aiguille entre votre 3e et 4e vertèbres lombaires (ou entre la 4e et la 5e), où la moelle épinière n’est plus présente, et ce, afin d’éviter toute lésion. L’objectif est de prélever du liquide céphalo-rachidien (LCR), qui est le liquide entourant le cerveau et la moelle épinière.

Il est possible d’avoir un patch anesthésiant à l’endroit où sera pratiquée la ponction ou d’avoir une anesthésie locale, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin si vous êtes stressé par l’examen. Pour ce dernier, vous allez porter une blouse, qui dégage votre dos au préalable désinfecté avec un antiseptique, et vous serez en position assise avec la tête penchée en avant de sorte à avoir le dos rond. Il est également possible d’être en position allongée, en chien de fusil. Une fois le liquide prélevé avec un système de goutte-à-goutte dans un tube stérile, le médecin retire l’aiguille, exerce une légère pression puis termine en posant un pansement.

Les enjeux d’une ponction lombaire dans un diagnostic d’Alzheimer

Pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer, le médecin généraliste commence par poser quelques questions à la personne concernée, puis, selon son diagnostic, il pourra la réorienter vers un centre spécialisé pour passer des tests neuropsychologiques et divers examens biologiques, comme l’IRM ou la Tomographie par émission de positons (TEP).

La ponction lombaire compte également parmi les examens à réaliser pour détecter Alzheimer.  Cet examen permet en effet de détecter d’éventuelles anomalies de concentration de certaines molécules spécifiques à la maladie d’Alzheimer (protéines tau et tau phosphorylées, peptide bêta-amyloïde). Ces marqueurs biologiques présents dans le liquide céphalo-rachidien vont permettre au professionnel de santé d’appuyer son diagnostic. Il faut savoir qu’un peptide amyloïde Aβ-24-1 abaissé, qu’une protéine tau élevée (de 2 à 3 fois plus que la normale) et que des protéines tau hyperphosphorylées augmentées, représentent des critères en faveur du diagnostic de maladie d’Alzheimer.

C’est pourquoi la ponction lombaire est de plus en plus demandée car il s’agit d’un outil précieux pour permettre de détecter la maladie de manière fiable, notamment pour les patients les plus jeunes ou pour ceux dont le diagnostic est encore hésitant.