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La maladie d’Alzheimer - présentations et explications par Jean-Jacques Perrut

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Comment évolue la maladie d’Alzheimer ?

Comme nous le signale Jean-Jacques Perrut, la maladie d’Alzheimer est une maladie lente et progressive. Il est important de savoir que les troubles caractéristiques de cette pathologie ne surviennent pas du jour au lendemain. Une échelle permet de mesurer précisément...

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La maladie d’Alzheimer est une forme de démence qui touche de nombreuses personnes. Elle provoque des troubles de la mémoire, de la pensée et du comportement. Les symptômes apparaissent, de manière générale, au fil du temps et s’aggravent avec l’âge. Les personnes atteintes sont impactées dans leur vie quotidienne. De plus, c’est une maladie très répandue en France. Aujourd’hui, elle touche 1,2 million de personnes (60% sont des femmes). De plus, chaque année, 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. D’ailleurs, une enquête de France Alzheimer (d’où sont tirés tous ces chiffres) estime que, d’ici 2050, 1,8 millions de personnes seront touchées. Jean-Jacques Perrut, biologiste de formation et expert dans le domaine de la santé, revient avec nous sur les causes de la maladie d’Alzheimer, sur ses symptômes et son traitement, notamment s’il existe des traitements efficaces.

Les causes de la maladie d’Alzheimer expliquée par Jean-Jacques Perrut

La maladie d’Alzheimer se développe, car, à un certain moment de la vie, une substance toxique s’accumule dans le cerveau. Nommée béta-amyloïde, elle a un effet nocif sur la vie des neurones. Par analogie, on peut comparer le cerveau comme une voiture qui produit normalement des substances qui sont éliminées par un ensemble de mécanismes physiologiques. Le malade d’Alzheimer est une personne qui, à un moment donné de sa vie, ne parvient plus à éliminer la béta-amyloïde. De ce fait, cette substance s’accumule lentement et progressivement dans le cerveau en l’intoxiquant et en provoquant la mort progressive des neurones. On peut observer l’accumulation de béta-amyloïde dans le cerveau au microscope à l’aide de préparation. Elle est visible sous forme de grumeaux dite « plaque ».

Un autre type d’accumulation de substances pathologiques dans les cerveaux atteints d’Alzheimer se trouve à l’intérieur des neurones et se nomme nœuds neuro-fibrillaires. Le cerveau frappé par l’accumulation de plaques et de nœuds neuro-fibrillaires développe une perte progressive de neurones et par conséquent une atrophie cérébrale.

Un des acquis les plus importants ces dernières années et d’avoir compris que l’accumulation de béta-amyloïde, c’est à dire le début de la maladie, ne se situe pas forcément à l’âge avancé mais entre deux âges, autour des 40-50 ans soit plusieurs années avant que les premiers symptômes ne se développent.

Cette accumulation est asymptomatique, ce qui signifie qu’elle n’entraîne aucun trouble pendant de nombreuses années (pendant 20, 30 ou même 40 ans) jusqu’au moment où, ayant dépassé un certain seuil d’accumulation de bêta-amyloïde dans le cerveau, l’individu commence à souffrir de légers troubles de la mémoire qui restent isolés pendant deux, trois, quatre ans sans produire de problèmes spécifiques dans la vie de tous les jours. Cependant, par la suite, avec l’accumulation progressive de béta-amyloïde, la personne commence à avoir du mal ou n’arrive plus du tout à accomplir des activités normales de la vie quotidienne comme, par exemple, aller au bar avec des amis ou maintenir la maison en ordre, préparer les repas, etc.

Chez les individus les plus défavorisés, l’accumulation de béta-amyloïde commence très tôt, autour de 20-30 ans et progresse très rapidement. Il s’agit généralement de cas familiaux où plus d’un individu est frappé au sein d’une même famille et où la maladie se transmet des grands parents aux enfants et aux neveux et nièces.

Néanmoins, Jean-Jacques Perrut nous indique que tous les cerveaux n’accumulent pas cette substance de la même façon. Certains ont plus de chance car leur accumulation est nulle ou extrêmement lente. Tellement lente que l’individu ne développera pas la maladie d’Alzheimer même s’il devait vivre cent ans.

Les symptômes de la maladie

Les personnes atteintes de cette maladie dégénérative sont sujettes à différents symptômes. Jean-Jacques Perrut nous en parle plus en détail.

Le premier symptôme atteint la mémoire immédiate des malades. En effet, il arrive à tout le monde d’oublier le nom d’une personne ou l’heure d’un rendez-vous et de s’en rappeler par la suite. Les malades atteints d’Alzheimer, eux, oublient systématiquement les événements récents et ne s’en souviendront jamais.

Ensuite, le deuxième signe avant-coureur sont des difficultés dans les tâches familières. La maladie a des répercussions sur la capacité du malade à exécuter des tâches familières pourtant élémentaires comme faire son lit, écrire, cuisiner, ou tout simplement boutonner sa veste. On note également un ralentissement progressif de la marche.

Le troisième symptôme sont les troubles du langage. Les personnes atteintes ont tendance à perdre l’emploi des mots courants et les substituent par des mots incongrus. Souvent, ils ne parviennent pas à finir leurs phrases, ce qui rend leur discours souvent incohérent et incompréhensible.

Quatrième signe de la maladie : la perte du sens de l’orientation et de la notion du temps. Dans le jargon médical, ce symptôme est appelé la désorientation temporo-spatial. S’il nous arrive, à tout à chacun, d’oublier le jour de la semaine, le malade atteint d’Alzheimer, lui, peut se croire dans une autre saison ou dans une autre année. Il se perd très facilement même dans des lieux qu’il connaît et ne se souvient plus où il habite ni comment se rendre à son domicile.

Le cinquième signe avant-coureur de la maladie touche la possibilité du choix. Il ne sait plus choisir. Son jugement est affaibli, il n’est plus capable de juger une situation d’urgence et pourra prendre les décisions déraisonnables ou opter pour des solutions incohérentes et parfois contradictoires.

L’abstraction est le sixième symptôme de la maladie. La personne atteinte ne comprend plus les choses abstraites. En vieillissant, il est souvent difficile de s’adapter aux nouvelles techniques et, tout un chacun, peut voir autour de lui des jeunes manier des nouvelles technologies beaucoup plus aisément que soit. En effet, les appareils numériques représentent des obstacles quotidiens pour les personnes âgées, mais pour un malade atteint d’Alzheimer, c’est un monde totalement hermétique. Il ne sait plus ce que signifie les chiffres, les factures, le calendrier, etc. Certaines personnes pourront, d’ailleurs, se lancer dans des dépenses totalement inconsidérées.

Le septième signe touche à l’ordre. Le malade va vivre dans un désordre permanent et va égarer ses affaires en permanence. Contrairement à une personne qui va chercher ses clés de temps en temps, les personnes atteintes ne savent plus ranger ou tout simplement retrouver des objets perdus. Elles vont même ranger leurs affaires dans des endroits inappropriés comme une montre dans un sucrier ou un fer à repasser dans le réfrigérateur.

De plus, les malades sont aussi atteintes de saute d’humeur et d’inconstance. Il est difficile d’être humeur égale chaque jour, mais chez ces personnes les changements sont très soudains. Elles peuvent passer de la joie aux larmes au cours d’une même heure et de la douceur à la colère sans aucune raison apparente.

Le neuvième signe est important car il touche les troubles de la personnalité. Une personne qui était avenante et sociable va devenir soudainement ou progressivement renfermée, méfiante et exprimer des sentiments de peur ou de solitude. Parfois, c’est l’inverse qui se produit.

Enfin, le dixième signe est le manque d’intérêt. Il nous arrive à tous, épisodiquement, de nous lasser de l’entretien ménager, de notre travail ou de nos activités sociales, mais, la plupart du temps, on retrouvera vite notre enthousiasme. Alors qu’une personne atteinte de cette pathologie va devenir passive plus rapidement, sans pour autant avoir un discours dépressif. Elle se désintéressera même d’événements importants ou d’activités qui lui tenait auparavant à cœur. C’est alors à son entourage de la motiver.

Comme nous le précise Jean-Jacques Perrut, tous ces symptômes sont des signes avant-coureur de la maladie d’Alzheimer. Ils doivent amener à une consultation chez son médecin traitant dans un premier temps. Ce dernier pourra alors orienter son patient vers un spécialiste afin de confirmer ou d’infirmer le diagnostic de la maladie

Les traitements possibles

Plusieurs médicaments pour traiter la maladie d’Alzheimer sont, aujourd’hui, disponibles en pharmacie. Ils agissent sur deux neurotransmetteurs : l’acétylcholine et le glutamate. Les neurotransmetteurs sont les substances chimiques que le cerveau utilise pour transmettre les informations d’une zone à l’autre. Chez les malades d’Alzheimer au moins deux de ces systèmes de communication sont particulièrement compromis : le système cholinergique et le système glutaminergique. Si un patient prend un médicament actif sur l’acétylcholine et le glutamate, des recherches ont permis de constater que 20 à 30 % des patients subissent une amélioration temporaire de la prestation cognitive dont la durée oscille entre quelques mois et un an, maximum un an et demi, deux ans dans la meilleure des hypothèses. Après quoi la dégradation cognitive reprend et continue sans interruption.

Une autre tranche de 20 à 30 % des patients ont subi un ralentissement temporaire de la progression de la maladie. La prestation cognitive semble se stabiliser pour une période de temps qui peut varier de quelques mois à maximum une ou deux années. Après quoi la maladie reprend son cours. Malheureusement pour environ la moitié des patients, aucune amélioration n’est constatée. Malgré la thérapie, la maladie se poursuit de manière ininterrompue.

Cependant, Jean-Jacques Perrut nous précise que les médicaments anti-amyloïde qui sont aujourd’hui en cours de développement ont pour but de prévenir l’accumulation de béta-amyloïde dans le cerveau voire supprimer la bêta amyloïde qui s’est déjà accumulée. L’utilisation de ces médicaments administrés dans la phase de la maladie la plus précoce possible devrait en théorie maintenir le patient au stade des troubles de la mémoire légers sans handicap correspondant à une qualité de vie décente.

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